En Alsace, une route des vins est un itinéraire matérialisé : des panneaux, un tracé, un début et une fin. Rien de tel ici. L’Aude ne propose pas de parcours fléché à suivre au volant, et les pages qui promettent « la route des vins de l’Aude » désignent en réalité des choses très différentes les unes des autres.
Ce qui existe vraiment, et qui est solide, ce sont quatre destinations labellisées « Vignobles & Découvertes » — un label national attribué à des territoires qui savent recevoir des visiteurs — auxquelles s’ajoutent des circuits thématiques publiés sur carte par les syndicats d’appellation et les offices de tourisme. Le syndicat des Corbières en publie cinq : la route du cru Boutenac, la route de l’Alaric, celle des étangs et de la mer, celle des sites cathares, et celle qui va de Narbonne à Lézignan-Corbières.
Un cas mérite d’être signalé à part : l’abbaye de Fontfroide, sur la commune de Narbonne, exploite son propre vignoble et tient son caveau dans l’ancienne cave du XIXᵉ siècle. Un monument cistercien qui vend son corbières, c’est une étape en soi — et la roseraie est comprise dans la visite.
Autrement dit, l’itinéraire n’est pas donné : il se compose. C’est plus de travail qu’en Alsace, et c’est aussi beaucoup mieux, parce qu’on ne suit pas le même chemin que tout le monde. Encore faut-il quelqu’un pour le conduire.
Les six appellations sont dispersées sur toute la largeur du département, du Cabardès au mont Tauch : un domaine des Corbières et un domaine de Limoux sont à plus d’une heure l’un de l’autre. Nous circulons dans les 433 communes de l’Aude — la tournée se construit donc autour des domaines que vous voulez voir, et non autour de ceux qui sont commodément alignés.